Le N°29 du Tournesol, le journal des Verts de la Mayenne vient de sortir. Il a été envoyé par Poste à tous nos abonnés. Quelques exemplaires restent disponibles sur demande.
Parmi les trés nombreux articles de ce numéro nous vous proposons de lire celui-ci, un exposé de Claude Gourvil sur son expérience au sein de la Municiplaité de Laval où il occupe un poste stratégique pour l'écologie depuis plus d'un an.
"Nous avons l’habitude de répéter qu’il faut penser globalement et agir localement. C’est bien pour cela que nous avons cherché, puis réussi, à être élus. Pour être acteur des décisions politiques, et non pas seulement observateurs critiques. Rappelons-nous que la première marche de cette aventure a été montée lors de l’élaboration du projet avec nos partenaires politiques (PS, PRG, PC), avec les non encartés, mais aussi dans une co-élaboration avec les militants et les citoyens que nous avons rencontrés lors des ateliers du dialogue, puis le renseignement des carnets du même nom. De cette moulinette est sorti le programme qui nous lie et constitue le contrat passé avec les électeurs.
Difficile de romancer l’ensemble des actions locales déjà engagées, je vais donc en dresser une liste essentielle, selon les délégations qui m’ont été confiées par le maire de Laval au début du mandat et que, compte tenu du temps et de l’énergie dépensés pour en être digne, j’ai acceptées en toute inconscience.
Eau et assainissement, objectif qualité :
- de l’eau distribuée par la régie publique de 50 personnes à destination de 83 000 usagers domestiques et industriels. Cela passe par le doublement du taux de renouvellement des canalisations (très faible jusqu’à présent), la suppression des branchements en plombs (multipliés par 4 depuis notre arrivée), le projet de déplacement de la prise d’eau sur Changé (en cours), modernisation de l’ozonage de l’usine des eaux… En projet : labellisation de l’eau de Laval.
- de l’eau rejetée, dans un objectif de reconquête de la qualité des milieux : extension de la station d’épuration (pour 10 millions d’euros !, mais qui sera en énergie positive), amélioration du réseau de collecte, bassins de pollution, métrologie et contrôle des déversoirs d’orage, suivi du milieu… De plus, j’ai eu à gérer les soucis de puanteur des serres de séchage des boues, dans une démarche participative avec les riverains. Et comme les industriels représentent 50% de la pollution reçue, nous travaillons à la révision des conventions de rejet que nous signons avec chacun d’eux, dans un objectif de maîtrise des flux entrants, mais également d’équité et de principe pollueur-payeur. Un travail de longue haleine…
- en parallèle, je suis également sur la brèche avec les problèmes récurrents d’inondations.
Pour couronner le tout, en cette période de hausse de la pression fiscale, nous avons dû augmenter la redevance eau potable de 2% et d’assainissement de 7%. La stabilité des taux, qui était la politique de l’équipe précédente, avait provoqué une dégradation de l’ensemble des dispositifs à laquelle nous devons remédier, tout en respectant les prescriptions environnementales et nos objectifs politiques. Ainsi, l’équité de la facture est également à l’ordre du jour avec l’adoption prochaine d’une disparition de la part fixe en assainissement et la réduction de celle de l’eau potable. Enfin, nous étudions, avec Françoise Marchand, la possibilité ouverte par la loi Oudin-Santini de financer des opérations de coopération et de solidarité dans le domaine de l’eau, à hauteur de 1% des recettes perçues.
Espaces verts et service propreté, l’objectif zéro pesticide
Tout en gardant l’exigence de fleurissement et d’entretien des espaces publics de la ville, nous mettons en place le plan communal de désherbage associé à la gestion différenciée et, j’espère, un plan propreté, en prenant appui sur les connaissances des agents. Le service propreté avait déjà banni les produits chimiques de ses pratiques. Pour les espaces verts, cela va se faire graduellement. Les serres horticoles sont déjà en protection biologique intégrée et l’abandon des désherbants chimiques est déjà en place. Il reste à formaliser, à organiser et à faire passer la pilule à nos concitoyens. Accepter le retour de la nature en ville.
Côté fleurissement, nous avons conservé nos trois fleurs (concours régional qui intègre les critères de développement durable). Nous avons également reçu le prix d’excellence des jardins familiaux qui souligne le rôle social et solidaire de ces espaces que nous accompagnons. En complément, nous avons mis à disposition de l’association « les abeilles mayennaises » deux espaces pour installer des ruchers partagés et nous travaillons à la signature de la charte de l’abeille sentinelle de l’environnement qui consacre l’engagement des élus envers cet insecte polinisateur indispensable, et plus largement la reconquête de la biodiversité en ville. Cerise sur le gâteau : un rucher (peut-être médiéval) au vieux-château et la labellisation d’un miel local.
Nous avons aussi en projet un jardin polinier sentinelle couplé à un réseau d’alerte à destination des personnes souffrant d’allergies.
Bref, des activités riches et complexes que doit assurer un service qui a beaucoup souffert auparavant, dont la charge de travail augmente sans cesse, et pour lequel les rattrapages d’investissement seront longs à réaliser. Fort heureusement, les compétences sont au rendez-vous, à l’image de l’extraordinaire édition 2009 de Balade au Jardin, évènement éco-responsable (zéro phyto et zéro déchet), partenarial et autogéré, avec l’appui des services de la ville et de l’agglo.
Dans cette délégation, j’ai aussi les cimetières et les terrains de sports qui sont les plus rétifs au développement durable. Pour autant les choses bougent tranquillement, même chez les cramponnés.
Publicité et enseignes, application du nouveau règlement.
Le nouveau règlement a eu pour effet un démontage de tous les panneaux 4x3 qui étaient illégaux. Je ne me suis pas fait que des amis sur ce coup là … Nous nous attaquons maintenant aux pré-enseignes posées illégalement et qui polluent notre espace visuel.
Energie et déchets, objectif décroissance.
Energie, déchets sont, avec l’eau, les trois objectifs de réductions que nous nous sommes imposés, au titre de l’exemplarité de la ville. Nous avons recruté une chargée de mission plutôt efficace dans ce domaine, qui nécessite aussi une bonne dose de diplomatie, de conviction et d’organisation.
Je travaille l’aspect énergétique en collaboration avec l’adjointe aux travaux et aux bâtiments (chauffage, éclairage, déplacements…).
La récupération du papier est bien partie, avec Alternatri 53, association d’insertion. A chaque rotation, nous détournons environ une tonne de papier vers les filières de recyclage. L’essaimage de cette pratique vers l’ensemble des services et des satellites municipaux est en cours.
L’agenda 21 devrait être intercommunal. Sur Laval, nous travaillons à la formalisation d’un engagement éco-responsable qui encadrera l’ensemble des actions à mener et des comportements à faire évoluer.
Politique des déchets de l’agglo, le grand chambardement.
Depuis un an je travaille avec les 20 communes et le service déchets à la mise en place d’une organisation autour de quatre orientations que nous avons réussi à valider collectivement : Prévention, Réduction, Réemploi, Résorption des déchets.
Cela devrait se traduire dès 2010 par une généralisation de la collecte en C1, conteneurisation sur toute l’agglo, extension de la régie publique à toutes les communes pour les ordures ménagères, puis la mise en place de la collecte sélective en porte à porte. Suivront différents leviers d’optimisation en cours d’étude : redevance spéciale pour les professionnels, filières de collecte de la fraction fermentescible, notamment pour les déchets de restauration collective, valorisation locale des déchets verts, ouverture des déchetteries aux professionnels.
Voici brossé à grands traits le tableau de mes activités d’élu local depuis plus d’un an. Même en travaillant professionnellement à quart temps, les semaines sont ultra chargées… car il faut ajouter à cela les différentes représentations officielles dans de nombreux organismes, les activités de terrain, la présence publique dans les quartiers et, non des moindres occupations, le courrier qui tombe en masse chaque jour dans un flot continu de demandes et de réclamations dont émerge de trop rares fois un remerciement ou une reconnaissance souvent méritée.
Pour boucler ce compte rendu forcément incomplet, auquel il manque notamment ce qui est encore dans les starting-blocks, j’avoue que le plus difficile consiste à garder en tête nos objectifs généraux, nos engagements pour une écologie politique qui aurait de l’effet sur nos vies communes et solidaires.
C’est pour cela qu’il n’est pas inutile de rappeler aux élus que nous sommes les valeurs qui nous guident et l’ordre dans lequel nous devons nous agiter : penser globalement et agir localement.
Nous comptons sur vous pour nous aider à nous en souvenir.
Claude Gourvil
Adjoint à l’écologie urbaine, Laval
Vice-président de Laval Agglo, en charge de la politique des déchets