La famille Kocamer plongée dans une détresse absolue
Par Les Verts 53,
jeudi 19 février 2009 à 16:56
Catégorie : Communiqués
L'été dernier le Réseau Education Sans Frontière de la Mayenne a soutenu, avec de nombreuses organisations, dont les Verts de la Mayenne, une famille turquo-kurde, Elif Kocamer et ses deux enfants, Eren et Amhet. Quelques mois après leur expulsion les nouvelles venues de Turquie sont alarmantes. RESF les résume dans un communiqué que nous reproduisons ci-dessous. Son contenu, pathétique, se passe de commentaire.
Le clip de la manifestation organisée quelques jours avant leur expulsion dit également toute la solidarité qui s'était manifestée autour de cette famille digne et attachante.
Fin aout 2008, la Préfète de la Mayenne décidait d'expulser la famille KOCAMER vers la Turquie, au mépris de l'immense mobilisation de RESF 53 et malgré l'indignation de centaines de Mayennais.
Ainsi Elif, malade cardiaque, et ses deux jeunes fils Ahmet et Eren, âgés de 6 et 11 ans, ont été renvoyés sans ménagement dans leur pays, après avoir été enfermés 15 jours en Centre de Rétention près de Rouen.
La Préfète, qui avait le pouvoir de régulariser cette famille, a alors déclaré « qu'elle ne serait pas prise en défaut d'humanité ».
Six mois après, où en sommes nous ?
- Elif a péniblement réussi à trouver un logement pour toute la famille (parents et 4 enfants), mais l'argent manque et la famille est sous le coup d'une menace d'expulsion, or l'hiver est très froid là -bas.
- Elif a épuisé toutes ses réserves de médicaments pour le cœur et elle n'a pas vu de médecin depuis son retour, faute d'argent et du fait de l'éloignement.
- Les courriers envoyés par les parents d'élèves et les amis ne sont pas parvenus.
- Eren n'est pas scolarisé car l'école n'est pas prévue pour les petits. Elif reste donc pour le-garder.
- Le père et le fils ainé ne trouvent pas de travail.
- Ahmet qui aurait dû rentrer en 6ème EN FRANCE, a commencé une courte scolarité en Turquie. A présent cet enfant de 12 ans à peine travaille dans une usine de chaussures proche du domicile familial. Il travaille de 8h matin à 8h du soir, du lundi au samedi, pour un salaire de 20 euros par semaine, "juste de quoi acheter le pain" nous a dit Elif jointe au téléphone.
Elif est désespérée. Elle pense qu’il n'y a aucun avenir en Turquie, ni pour elle, ni pour ses enfants. Elle souhaite partir pour s'installer à Chypre où ils ont de la famille, mais y parviendront-ils ?
Tout cela montre que RESF 53 et les nombreux citoyens qui soutenaient le réseau avaient raison d'être inquiets en cas de retour de la famille en Turquie. La Préfète a préféré faire un exemple à la veille de la venue de Sarkozy à Laval, plutôt que d'admettre que cette famille avait toute sa place en France où elle pouvait construire des projets.
Rappelons que le père avait une promesse d’embauche en CDI dans le bâtiment, qu’Elif a des talents de couturière et que les enfants étaient scolarisés et souhaitaient continuer à étudier.



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