Chaque mois de décembre, depuis l’avènement de François d’Aubert à la Mairie, Laval se trouve propulsée au firmament de la débauche électrique. L’exemple venant d’en haut, chaque habitant y va désormais de sa guirlande électrique et de son merveilleux renne clignotant sur gazon !

Pendant ce temps, dans les logements sociaux tout électrique, les personnes en difficultés coupent le chauffage, quand ce n’est pas EDF qui le fait. Car si EDF encourage la consommation, pour pouvoir justifier la relance du programme nucléaire, elle est intraitable avec les gens ne pouvant plus payer.

En cette période ou tous les partis politiques, convertis par nécessité à l’écologie, se font les apôtres du développement durable, aucun, à part les Verts n’appelle à plus de responsabilité citoyenne dans cette surenchère de gaspillage énergétique. C’est peut-être une goutte d’eau dans l’océan de gaspillage de notre société de surconsommation, mais Noël fête familiale par excellence, peut rester un moment chaleureux et convivial tout en restant dans la sobriété.

Les bons vivants diront que les Verts sont des pisse froid !

Les pro nucléaires diront que l'on a tout faux puisque cette énergie ne produit pas de gaz à effet de serre ! A ces derniers peut-on juste suggérer que les gagnants des concours d’illumination reçoivent, comme prix, un bidon de déchets radioactifs à enfouir dans leur jardin.

Et puis d’autres diront, finalement, même sans le traineau illuminé sur la pelouse, on a passé d’excellentes fêtes de fin d’année.

C’est le souhait le plus cher des Verts Mayennais.

Voila ce que nous écrivions ici même, en décembre 2006.

Nous n’en retrancherons pas une ligne en 2009, au prétexte que les lavallois ont d’un geste salutaire donné congé à François d’Aubert et propulsé Guillaume Garot dans le fauteuil de maire avec des Verts dans son équipe.

Tout juste reconnaitrons-nous que, au fil des ans, des leds ont avantageusement remplacé les ampoules à incandescence : cette fête, qui a de la gueule, c’est indéniable, est moins énergivore. Mais ce n’est pas une spécialité locale, c’est une heureuse évolution des mÅ“urs et des techniques.

N’empêche, nous continuons à jeter sur ce phénomène populaire un œil critique.

Devant son Conseil, comme devant les caméras de France 3, Guillaume Garot, que nous aimons bien, justifie sa démarche en affichant un ratio plus beau qu’un conte de Noël : chaque euro investi dans les illuminations génère 5 euros de retombées…

Mais, diable, qui tient la calculette ? Quel est le montant du budget, investissement et fonctionnement réunis ? D’où sort ce coefficient multiplicateur miraculeux ? Qui en sont les bénéficiaires ?

Si l’affaire est une telle aubaine pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Illuminons tous les quartiers, toute l’année. Que Laval devienne une éternelle aurore boréale.

A Laval et en Mayenne les temps sont durs pour beaucoup de nos concitoyens, le chômage partiel et la précarité ne sont pas le seul apanage des grands pôles industriels. Noël sera pour tous un moment privilégié pour se retrouver en famille et pour oublier, un peu, les malheurs du temps.

Loin de nous le désir de leur gâcher la fête, d’adopter la posture du grincheux, de se faire Cassandre au pays d’Ubu.

Mais il n'est pas possible non plus d'oublier que la société dans laquelle nous vivons est en crises : crise économique, crise sociale et crise environnementale. Le libéralisme débridé a conduit les économies dans le mur ; les écarts ne cessent de se creuser entre riches et pauvres, entre nord et sud ; l’épuisement des ressources naturelles et le réchauffement climatique nous propulsent vers d’inquiétantes perspectives.

Une parenthèse pour faire la fête est sans doute salutaire mais n’empêche pas de continuer à réfléchir, d’imaginer un autre avenir, une réponse globale. C’est tout le message de l’écologie politique.