Dany ‘s back pour le Green Deal
Par Les Verts 53,
lundi 8 décembre 2008 à 20:46
Catégorie : Points de vue
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Voila dix jours, Europe-Ecologie a lancé une invitation à se retrouver Salle Festive Nantes-Erdre ce mardi soir à 20h30 autour de Daniel Cohn Bendit. Certes, ce n’est plus l’étudiant hâbleur qui, l’œil allumé d’une belle flamme, défie le CRS casqué, mais, à 63 ans, le co-président du Parti Vert Européen ne désarme pas. Son combat est, aujourd’hui, d’entraîner derrière lui les écolos hexagonaux de tout poil vers les élections européennes du 7 juin 2009. Son objectif, il l’a encore martelé à Nantes : 10% au moins.
Près de 300 personnes assistaient à cette rencontre en forme de prise de contact avec les premiers signataires du manifeste (cf le site : http://www.europeecologie.fr/content/cap-sur-le-7-juin-2009).
Le calibrage de la salle et sa disposition ont, d’emblée, donné un ton intimiste et chaleureux à la soirée.
Pendant trois heures, Daniel Cohn-Bendit, Yannick Jadot, ancien directeur des programmes de Greenpeace et Pascal Durand, ont alterné présentations des objectifs ou des modalités du Rassemblement, avec libre cours aux interventions de la salle, questions ou témoignages.
Les Verts des Pays de Loire, du Poitou-Charentes et Bretagne étaient nombreux mais le public réuni à Nantes comportait aussi bon nombre de militants associatifs non encartés. Objectif prioritaire atteint.
Pascal Durand, le coordinateur

D’entrée de jeu Pascal Durand, coordinateur du Rassemblement Europe Écologie, en rappelait quelques principes directeurs :
- rassembler tous ceux et toutes celles pour qui l’impératif écologique et social est une priorité qui doit amener à des propositions radicales dans la manière de conduire les politiques européennes ;
- faire cohabiter des partis politiques, des personnalités mais aussi des associatifs.
Il insistait sur la nature originale de cette dynamique dont l’objet n’est pas de créer une alliance mais de développer une culture commune qui s’affirme comme une force autonome. « Il faut s’allier avec nous même ! » Entendons par là qu’il s’agit de recomposer une famille ou d’élargir son cercle à des cousinages qui partagent un corpus commun de convictions et de préoccupations. « Nous sentons bien que ce potentiel existe, il s’agit d’en faire une réalité. »
C’est sans doute ce qui sera le plus difficile pour tous les groupes constitués, et les Verts n’échapperont pas à cette réalité. Il s’agit de dépasser les frontières, les habitudes, les pratiques, pour se couler dans un moule qui va se construire collectivement et pragmatiquement dans les semaines qui viennent.
Jean-Philippe Magnen, Président des Verts de Loire Atlantique, dira son plaisir d’accueillir et d’organiser, au nom des Verts des trois régions européenes, cette première sortie du rassemblement Europe Écologie en formation publique.
Yannick Jadot, la bonne surprise de la soirée
Tout au long de la soirée, les trois orateurs principaux fourniront de multiples éclairages sur cette nouvelle donne, le Green Deal européen, en référence au New Deal imaginé par Roosevelt pour sortir l’Amérique de la dépression de 1929.
Daniel Cohn-Bendit martèlera à l’envie les exigences du rassemblement sans en masquer les difficultés, notamment pour les Verts.
Yannick Jadot, a été, pour beaucoup, la bonne surprise de la soirée. Il apporte, outre ses expériences et ses convictions passées au feu tendu des opérations de Greenpeace, un visage nouveau, jeune, dynamique, moderne, élégant. Un contraste saisissant face aux routards aguerris que sont Daniel Cohn-Bendit et José Bové, autres têtes d’affiche du Rassemblement encadrant Eva Joly et Cécile Duflot.
Quid d’Eva Joly ?
Sur une question de la salle, Daniel Cohn-Bendit sera amené à expliquer la venue d’Eva Joly au sein du Rassemblement. L’ancienne magistrate a participé à plusieurs conférences organisées par les Verts européens, notamment sur les problèmes de corruption. Marie-Hélène Aubert, députée européenne élue de notre région en 2004, est restée en contact avec elle. Spécialiste en matière de fiscalité, Eva Joly mène un combat très argumenté contre les paradis fiscaux, qui, pour elle, ne reposent que sur le pilier du secret bancaire. Daniel Cohn-Bendit estime que « A sa manière Eva Joly a la fibre écologique. Elle a une vision claire, une compétence. C’est avec des exemples très concrets comme elle sait le faire dans son domaine que l’on peut parler aux gens et se faire comprendre. Notre rassemblement doit apporter cette diversité. »
Daniel Cohn-Bendit, phrases au vol

« Pour répondre aux crises sociales, économiques, financières, environnementales et écologiques la dimension européenne est l’espace le plus pertinent. Les écologistes doivent y être présents, rassemblés et forts sous la bannière de l’écologie politique ».
« Il faut redonner une certaine autonomie à tous les militants de l’écologie pour qu’ils inventent une nouvelle manière de faire de la politique. Cette idée de rassemblement doit nous permettre de changer, d’élargir notre culture de telle sorte que les électeurs puissent se dire : ils ont vraiment changé. Je sais que ce sera difficile, que cela est exigeant dans la manière de faire, que certains pourront avoir l’impression d ‘être dépossédés, mais je crois que ces exigences sont les clefs de notre réussite. »

« Les crises ne peuvent être résolues que par une réponse globale qui soit à la fois économique, sociale et écologique. C’est l’enjeu majeur de cette campagne. »
« Nous sommes à un tournant historique. La majorité des citoyens ne croit plus que la politique peut apporter une réponse. C’est le syndrome d’un monde qui doute. Or, sans sursaut, nous n’arriveront pas à changer le paradigme de notre société car les solutions que nous proposons demandent l’effort de chacun. C’est pourquoi, dans cette campagne, il faut être capable de prendre langue avec nos concitoyens ; il faut leur redonner l’espoir tout en inventant une nouvelle radicalité de la pensée. »

Parmi les intervenants
La salle a eu assez largement la parole dans cette soirée qui était plus une veillée thématique qu’un meeting de lancement de campagne.


Françoise Garandeau, des Verts de Poitou-Charentes, lançait le débat en relatant l’expérience de sa région où, lors de l’Assemblée Générale Régionale, à l'initiative de la présidente régionale, Chantal Nocquet, une liste unique, de synthèse, a été proposée aux militants. « Pour nous le rassemblement est déjà commencé. »
Alain Uguen, cyber acteur quimpérois, s’est signalé par une requête pressante non exempte de clin d’œil : que le 22 mars prochain soit organisée une primaire interne à Europe Écologie pour désigner les candidats et choisir les principaux thèmes de campagne. Proposition repoussée avec tact et fermeté par Daniel Cohn-Bendit. Il trouvait là l’occasion de préciser que, les huit têtes de liste devront être partagées de manière paritaire entre Verts, personnalités et associatifs d’une part femmes et hommes d’autres part. Dit comme ça, no problem. Crayon en main, ce sera sans doute une autre paire de manche.


Gilles Denigot, Conseiller Général de Saint-Nazaire apportait de sa voix de stentor le témoignage d’un combat entamé au départ par des Verts qui se sentaient bien seuls et qui, cet après-midi même, venait d’aboutir à une victoire collective sans appel : l’abandon du projet de création d'un terminal pour les marchandises générales sur un site sensibleà Donges-Est. « Ce que l’on nous propose ce soir c’est la même chose. On y va, tous ensemble et il faut y croire. »
L’intervention de Mona Bras, porte parole de l’Union Démocratique Bretonne, UDB, parti politique signataire du rassemblement, présentait un caractère plus institutionnel. Elle signalait, par exemple, que Régions & Peuples Solidaires, était aussi d’ores et déjà dans le rassemblement. Elle apportait surtout un éclairage fort sur ce qui est chez RPS une conviction forte : si l’Europe est, sans le moindre doute, comme venait de l’affirmer Daniel Cohn-Bendit, le bon espace pour proposer les cadres politiques de réponses à toutes les crises, l’échelon régional est, selon elle, le point d’ancrage où les modalités d’application de ces politiques doivent être orchestrées. Pour Régions & Peuples Solidaires les deux obstacles majeurs à une plus grande harmonie universelle ce sont les états et les entreprises. Beau sujet de débat, non ? A suivre sur : http://www.r-p-s.info/


Michel Tarin intervenait en tant que coordinateur de 23 associations fédérées autour, disons plutôt contre, fermement contre, le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes. Il amenait de l’eau au moulin d’un rassemblement qui doit s’exprimer pour convaincre. « Au début les conseils municipaux étaient favorables au projet. Nous avons organisé de multiples réunions, profité de toutes les occasions possibles pour démontrer la monstruosité du projet. Aujourd’hui nous avons réussi à renverser la vapeur, la communauté des communes est opposée au projet. Il faut parler, trouver des images qui soient parlantes pour tous. »
François de Rugy, député Verts, élu de Nantes, est venu, sobrement, apporter son témoignage sur l’utilité de faire « passer le message de la mobilisation ». Fort de son expérience parlementaire, il témoignera de la difficulté à faire entendre sa différence dans un concert où, désormais, de l’hyper Président au dernier soutier UMP, tout le monde prétend faire de l’écologie. « Nous portons la différence de l’écologie politique, c’est un projet de société radicalement différent de tout ce qui nous est proposé par les autres partis. La campagne des européennes doit être un moyen de lui donner un écho encore plus fort, un nouvel élan. »


Bernard Crozel, ert de Vendée souhaitait savoir comment cette campagne européenne pouvait être le moyen d’aller à la rencontre…d’autres européens. Honnêtement, il n’y eu pas bousculade pour lui apporter une réponse. Daniel Cohn-Bendit relevait le gant en reconnaissant que le repli national était encore une évidence. « Par exemple le réflexe naturel c’est d’organiser les universités d’été nationales. Elles ne sont pas encore européennes. » Politique jusqu’au bout des oreilles il terminait par une pirouette : « Creusez le sujet, apportez des idées, c’est un vrai sujet à travailler pour la campagne… »
Et maintenant c’est en Mayenne que cela va se passer
En Mayenne ce rassemblement nous intéresse, et nous voulons participer à sa dynamique… Dans cet esprit, une réunion de travail, ouverte à tous ceux qui le souhaitent, aura lieu :
Jeudi 27 novembre à 20H30
Maison de quartier Hilard à Laval
Au cours de cette réunion, nous verrons ensemble comment réussir cette dynamique de rassemblement des écologistes en Mayenne, pour les élections européennes et au-delà . Ensemble nous pourrons débattre :
- de la situation politique et d’une gauche qui se cherche,
- des points forts qui font le socle du rassemblement des écologistes,
- des propositions de candidatures pour la liste régionale aux Européennes,
- de l'organisation d'un évènement public (conférence avec tête d'affiche ou autre évènement...) pour une apparition publique du rassemblement en Mayenne,
- de la mise en place d'une petite structure départementale pour animer le rassemblement des écologistes, ...
Nous le précisons, cette première réunion est une réunion de travail, ouverte sans exclusive, qui sera le point de départ d’un appel public à un rassemblement des écologistes en Mayenne.
Sont particulièrement invités les signataires mayennais de l’appel national, et tous ceux qui veulent y participer…
A suivre dans ces colonnes.

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