En signant hier le décret d''extradition de Marina Petrella, le Premier Ministre, François Fillon, trahit la parole de la France donnée par François Miterrand, Président de la République, de ne pas extrader les activistes italiens ayant rompu avec leur passé. Cette mesure avait facilité l'abandon du recours à la violence par l'extrême gauche italienne.
En signant ce décret, le collaborateur de Sarkozy fait droit à la demande de l'affairiste Berlusconi revenu aux affaires avec dans ses valises une extrême droite xénophobe et revancharde.
Marina Petrella peut donc être remise aux autorités italiennes dès maintenant mais elle dispose d'un mois pour déposer un recours contre ce décret devant le Conseil d'Etat, ce que son avocate, Me Irène Terrel, a annoncé avoir fait dès lundi. Juridiquement, ce recours n'est pas suspensif mais il est d'usage que la France n'extrade pas tant que le recours n'a pas été examiné, selon une source judiciaire citée par l'AFP ; cet examen peut prendre plusieurs mois. "Je considère que cette décision est absolument inacceptable. D'abord au regard de l'asile accordé à Marina Petrella depuis quinze ans en toute connaissance de cause et aussi au regard de son état de santé", a-t-elle indiqué à l'AFP.
Accusée d'avoir tué un commissaire de police et grièvement blessé son chauffeur, à Rome en 1981, ainsi que d'avoir séquestré un magistrat, de vol avec arme et d'attentats, cette ancienne membre des Brigades rouges a été condamnée par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité en Italie, en 1992. Arrêtée en décembre 1982, elle avait profité d'une remise en liberté sous contrôle judiciaire en 1986 pour fuir en France, comme d'autres militants de l'extrême gauche italienne.
La cour d'appel de Versailles avait donné son feu vert à l'extradition vers l'Italie en décembre 2007, rejetant tous les arguments de la défense, notamment la prescription des faits et la lenteur de la procédure. Jusqu'à son interpellation, Marina Petrella, 53 ans, vivait à Argenteuil (Val-d'Oise), et travaillait comme assistante sociale. Mariée à un Français avec qui elle a eu une fille aujourd'hui âgée de 10 ans, elle est aussi la mère d'une autre fille, née en prison en Italie en 1983.
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